11 Dec 2018

Un coach sauve une équipe en détresse en la détruisant

Retour d'expérience sur une intervention en gestion de conflit réussie

Un coach sauve une équipe en détresse en la détruisant

Au sein d’une grande banque à la Défense, nous avons été témoin d’une approche de coaching rupturiste. Appelé par la banque pour intervenir sur “une équipe en détresse” (sic), Jean, coach très expérimenté, a réussi à régler le conflit en moins d’une heure. Reportage.

Un soir de Novembre, le DSI de la banque constate qu’une équipe ne parvient plus à délivrer ce sur quoi elle s’engage. Les échecs se répètent. Il se tourne alors vers son centre Agile pour trouver une solution.

Problème : le centre Agile n’a pas de coach disponible, tous sont occupés à temps plein à passer les nouvelles certifications SAFe, notamment à la suite de la dernière montée en version du framework.

Le DSI décide alors de faire appel à un coach externe, expert en gestion de conflit. Le contrat est passé avec Jean pour intervenir en urgence.

A son arrivée, Jean est introduit à l’équipe par le DSI en personne.

Voici Jean, il est coach. J'ai constaté que vous ne produisez pas ce que j'attends et à cause de ça, de nombreuses personnes souffrent. C'est donc avec bienveillance que je vous ai réunis ici pour que ça s'arrange.

L’équipe, incrédule, regarde Jean. Celui-ci s’installe et commence à discuter avec l’équipe. Au bout d’une heure, le problème de fond (un conflit à l’issue d’une mise en production échouée il y a 6 mois, NDLR) émerge enfin. Les membres de l’équipe se parlent, se jugent, s’accusent. Ils se pointent du doigt. Le coach les accompagne pour les aider à se lâcher. Les insultes commencent. Un des membres de l’équipe parvient même à verbaliser son mal-être en traitant de “enculé” le collègue à sa droite, qui lui répond par un coup de poing.

C’est alors que Jean se lève et quitte la pièce.

Mon travail est terminé. Le conflit a émergé. Donc je peux dormir tranquille : maintenant, ils savent pourquoi ils se confrontent. Il devenait impérieux de réveler la source du malaise. C'est chose faite.

La suite ? L’équipe finit par exploser et se dissoudre. “Mais au moins, on a pu se lâcher avant de se séparer”, explique l’un des membres du groupe. “On a même envoyé le chef d’équipe à l’hôpital, avec un nez cassé. Sans Jean, on ne serait jamais parvenu à extérioriser les choses”.

Contacté par la rédaction, Jean, n’a pas préféré répondre à nos questions sur le déroulement de la séance. Il nous a seulement dit ceci : “La clé, c’est le silence et la posture basse”.

De quoi susciter de nouvelles inspirations, voire même des vocations ?